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4,000-476 av J.C
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Le latin devient la nouvelle langue dominante dans l'Empire Romain, et ce rôle est maintenu au Moyen Âge et au-delà.
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III siècle av. J.-C.,
Livius Andronicus était le premier traducteur européen connu. -
À partir de la mort d’Alexandre (323 av. J.-C.), le
rayonnement de la civilisation hellénistique est si grand
que le grec devient la langue dominante : la Septante est
traduite à Alexandrie tout naturellement de l’hébreu en
grec au IIe siècle. -
La pierre de Rosette, qui permettra à Champollion de décrypter les hiéroglyphes, est une traduction de l’égyptien en grec réalisée en 196 av. J.-C. dans l’Égypte ptolémaïque
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L’injonction de Cicéron dans son Libellus de optimo genere oratorum (46 av. J.-C.). Il dit qu’il ne faut pas traduire « verbum pro verbo » c'est a dire « mot à mot ».Il prèfere conserver la valeur du texte. C'est lui qui a fait une réflexion théorique de la traduction. Cicéron distingue ainsi deux formes de traduction : au premier
degré, ce que l’on pourrait appeler la traduction proprement dite, celle de l’« interpres » ; au deuxième degré, celle de l’« orateur ». -
Dans ce dernier écrit, "De optimo genere interpretandi", saint Jérôme souligne la différence entre textes religieux et textes profanes au regard de la traduction. Dans le premier cas, il
faut davantage s’en tenir au mot à mot.
Mais une traduction strictement littérale est également rejetée par saint Jérôme. -
La méthode que préconise Philon (13 av. J.-C. – 54), membre de la communauté juive d’Alexandrie, dit que seulement la traduction littérale serait en mesure de ne pas altérer les textes sacrés.
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Horace reprendra dans son Ars poetica (10 av. J.-C.) l'injonction de Ciceron qui dit qu’il ne faut
pas traduire « verbum pro verbo » « mot à mot ». -
Tyndale a traduit la première bible «La Vulgata » en anglais en 1388. Il a trouvé que le grec était plus en harmonie avec l’anglais que ne peut l’être le latin, quant à l’hébreu, il l’est « mille fois plus » ,donc il suffit de le traduire en anglais « mot à mot ».
Le rayonnement de l’Authorized Version sur la langue et la littérature anglo-saxonnes est impressionnant et elle était « autorisée » par le roi Jacques Ier comme un monument de la littérature de langue anglaise. -
Pendant la Renaissance, le latin est supplanté par les langues vernaculaires.
La traduction française gagne influence et prestige, même en Angleterre. -
Luther en sera le premier grand artisan. Il a traduit la bible du latin en allemand, en ajoutant de l'élégance mais sans dévier du mot et en consultant les textes originaux hébreux et grecs. Elle représente l’acte de naissance de la langue allemande.
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L’époque qui voit l’instauration du français comme seule langue du royaume est aussi celle où, par le biais de la traduction, des emprunts massifs sont faits aux langues étrangères.
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L’un des premiers théoriciens de la traduction à la Renaissance
est Étienne Dolet, à qui l’on doit en français le mot « traduction », apparu en 1540. -
Joachim du Bellay a développé dans Defense et illustration de
la langue française (1549) un raisonnement qui reprend
celui de Cicéron, appliqué à la langue nationale : l’imitation des Anciens ne doit pas être servile, elle doit se faire au service de la langue française.
En France, on assiste à une multiplication des traductions des langues classiques en français et des « imitations » des modèles grecs et latins -
Il existe une troisième aspect de la traduction, qui permet de transformer le texte original dans le cadre de l’« imitation »,
C’est ainsi que Jacques Amyot, dans sa célèbre traduction des Vies parallèles de Plutarque (1559) introduit des changements qui obéissent une logique. -
Antoine Berman appelle les transformations logiques la « visée
traductive » de la Renaissance. Une type d'adaptation fait pour annexer la langue et la culture nationale et pouvoir comprendre la traduction dans toute sa diversité, -
La plus célèbre des traductions élisabéthaines c’est la traduction des Vies parallèles de Plutarque par Thomas North, Lives of the Noble Grecians and Romans (1579), dont s’est inspiré Shakespeare pour ses pièces romaines (Jules César, Antoine et Cléopâtre, Coriolan) et Timon d’Athènes.
Donc, le français a été le moyen qui a aidé de nombreux classiques à pénétrer dans la langue et la littérature de lÁngleterre. -
Les xviie et xviiie siècles mettront les considérations esthétiques au premier plan en matière de traduction. En France, la fidélité et la littéralité sont subordonnées au respect du style de la langue classique. Il a mis en place un fossé entre les adeptes de la traduction littérale et de la traduction « libre » entre , Mme Dacier et Antoine Houdar de la Motte. Aujourd´hui on peut les considerer comme des adaptations.
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l’Académie française est créée en France en 1634.
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En 1680, dans sa préface à Ovid’s Epistles1, Dryden donne une définition de la traduction résolument moderne dans son rejet de l’imitation.
Il distingue trois formes de traduction : la
première est la traduction littérale (« métaphrase ») ; la deuxième est la traduction proprement dite ( « paraphrase » mais rebaptisée simplement « traduction ») ; la troisième, l’« imitation »
( « paraphrase »). -
L’« appropriation », était un concept clé de la Renaissance. C'est a dire que les personnes ne voyaient pas ça comme une mauvaise chose, jusqu'au XVIIIème siècle, quand le terme de « plagiat » ne devient péjoratif et l’originalité devient une valeur littéraire.
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Le XIXe siècle était le siècle des traductions littérales. Le XXe siècle marque la victoire de l’esprit sur le littéralisme du siècle précédent et il marque l’apparition des premières
véritables théories de la traduction, dont l’influence ne fait que croître dans les pays les plus divers. -
Goethe dans le Divan occidental-oriental (1819) distingue un cycle de trois sortes de traduction.
1. Se limite à transmettre l’œuvre telle qu’elle est dans la langue originale ; c’est ce qu’aurait fait Luther en traduisant la Bible.
2. Présente l’œuvre de telle sorte qu’elle paraît avoir été composée dans la langue de la culture réceptrice, à l’exemple des traductions élégantes à la française.
3. Une synthèse des deux précédentes. Il se produit alors un croisement entre les deux langues. -
Paradise Lost de Milton par Chateaubriand en 1836, Il dit: « C’est une traduction littérale dans toute la force du terme que j’ai entreprise, une traduction qu’un enfant ou un poète pourront suivre sur le texte, ligne à ligne, mot à mot, comme un dictionnaire ouvert sous les yeux.» On ne saurait être plus explicite. Mais, ce n'est pas du tout vrai.